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  • : Chroniques d'un Gars Normal
  • : « Le monde n’est pas tel qu’il est mais tel que nous le voulons, soyons le changement que nous voulons pour le monde » Gandhi
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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 16:30

muhammad-yunus-microfinance-grameen-bank-social-business.jpgLe social-business n’est pas une activité philanthropique et charitable mais bien une entreprise dont l’objectif premier est la maximisation d’un objectif sociétal. Né au 20ème siècle, le concept est en fait assez ancien.

Les SCOP, ou coopérative ouvrière, par exemple, nées au 18ème siècle, en sont probablement l’une des formes les plus anciennes. Elles consistent à mettre en commun des moyens pour détenir l’outil de production et améliorer les conditions de vie de la communauté. Les tontines, au 15ème siècle, ou encore celles ayant toujours cours en Afrique, dont l’objet consiste à la mise en commun, sans usure, d’argent pour permettre à un membre de la communauté d’acquérir un actif, sont une autre des formes du social-business.

Depuis 1977 et l’apparition du micro-crédit, cette notion s’est affinée et le social-business intervient alors comme une réponse évidente au capitalisme sauvage et débridé. Tout du moins, c’est ce qu’en pense le prof d’économie du Bangladesh, Muhamad Yunus, quand, écœuré du décalage entre la théorie économique et la « vraie » vie, il décide de se lancer dans la première institution privée de micro-crédit, la Grameen Bank. Son objectif, sortir les gens de la pauvreté en leur prêtant une petite somme d’argent à un taux d’usure faible pour financer leur micro-entreprise. La notion de social-business est née !!! L’objectif est alors de créer un business répondant à un but social tout en étant auto-suffisant. C’est l’inverse d’une activité caritative.

L’expérience s’avéra concluante et depuis, les initiatives ont fleuri. En 2000, 193 états membres de l’ONU et 23 organisations internationales s’accordent pour atteindre 8 objectifs afin de réduire la pauvreté dans le monde d’ici 2015. (http://www.un.org/fr/millenniumgoals/)

Les OMDs (Objectif du Millénaire pour le Développement) vont devenir un accélérateur du social business. En effet, la seule implication des états (occidentaux ou en développement) ne suffira pas à atteindre les 8 objectifs. Pour y arriver, il faut construire des partenariats public / privé, les uns apportant leur science du business et les autres leur connaissance des communautés locales et de leurs besoins.

Par ailleurs, pour que ce challenge réussisse, il faut en finir avec l’assistanat, la subvention à outrance ne faisant que maintenir une population dans un état léthargique, toujours à attendre plus des grands bailleurs de fonds. Sortir le monde de la pauvreté, c’est donner aux populations concernées les moyens d’une existence meilleure et durable.

Les OMDs vont apporter la caution morale nécessaire aux grandes entreprises. Elles vont justifier et favoriser l’invasion par celles-ci du social-business. Elles aussi ont à y gagner !

Pour elles, sortir le monde de la pauvreté, c’est accroître la base des consommateurs potentiels. Or, dans un monde mature en souffrance, dans des pays émergents où la pyramide reste encore trop exiguë, les relais de croissance via la base de la pyramide deviennent les opportunités d’une croissance pérenne.

Pour autant, comment conquérir la base, une population à faibles revenus (les pauvres c’est quand même 4 milliards de personnes), sans passer pour le méchant capitaliste ?

Les OMDs vont être le catalyseur permettant la rencontre de deux mondes partageant des intérêts divergents et en même temps très connectés. C’est la naissance de Danone Communities en 2005, ou encore la création des MDC (micro distribution center) en 2008 avec Coca-Cola, ou le projet logement abordable de Lafarge. Les exemples sont nombreux :

http://www.danonecommunities.com/content/danonecommunities-quest-ce-que-cest

http://www.businesscalltoaction.org/wpcontent/files_mf/1286826983CocaColaCaseStudyFrancaisForWeb.pdf

http://www.lafarge.fr/wps/portal/2_7_1-Ambitions-2020-Acces-logement#editoEncartVide001

Les plus révoltés d’entre nous crieront au scandale ! Le social-business, c’est, en fait, la mainmise du capitaliste sans morale sur les plus faibles. Est-ce louable, sous couvert d’action social, de chercher simplement de nouvelles opportunités de croissance ?, de créer des besoins dans des populations en difficultés ? etc…

Oui, c’est louable ! En vendant des yaourts au Bangladesh, Danone Communities élargit la base de ses consommateurs potentiels mais en même temps, elle répond à des besoins de nutritions des populations locales, elle fournit un travail et des revenus à une population jusque-là oubliée, elle accroît le niveau de vie de la communauté locale etc…

En créant des centres de micro distribution, Coca-cola élargit effectivement sa distribution numérique (c’est-à-dire le nombre de points de ventes touchés) lui permettant d’augmenter son chiffre d’affaires mais elle fournit un travail pour le micro-entrepreneur, elle « empower » des jobs annexes, comme le garagiste, par exemple, pour la maintenance du matériel, etc…

Quelles que soit les initiatives lancées entre partenaires sociaux et privés, elles répondent toujours aux mêmes objectifs. Il ne s’agit pas de maximiser le profit mais bien de maximiser l’objet social, la seule source possible d’une croissance pérenne. Et si finalement, la vraie réussite des OMDs était d’avoir fait se rencontrer des acteurs aux objectifs différents et de les aider à se comprendre ?

Et si finalement, le social-business était la maturité du capitalisme. La rencontre parfaite entre l’économie et le social, deux mondes opposés et pourtant si proches. L’un n’allant pas sans l’autre. Il n’y a pas de développement sans capitaux et pas de croissance sans développement.

Mais est-ce bien le rôle des entreprises que de participer activement au développement ou de remplacer, dans certains cas, les gouvernements démissionnaires ?

« Tout le monde espère gagner de l'argent en faisant des affaires. Mais l'homme peut réaliser tellement d'autres choses en faisant des affaires. Pourquoi ne pourrait-on pas se donner des objectifs sociaux, écologiques, humanistes ? C'est ce que nous avons fait. Le problème central du capitalisme “unidimensionnel” est qu'il ne laisse place qu'à une seule manière de faire : rentrer des profits immédiats. Pourquoi n'intègre-t-on pas la dimension sociale dans la théorie économique ? Pourquoi ne pas construire des entreprises ayant pour objectif de payer décemment leurs salariés et d'améliorer la situation sociale plutôt que chercher à ce que dirigeants et actionnaires réalisent des bénéfices ? » Muhamad Yunus (le Monde 25.04.2008) 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 15:04

france-20morose.jpgEn tant de crise, la mode est à l’économie. Celle-ci passe par une meilleure maîtrise des coûts. Cette expression est terrifiante ! Elle est à l’origine de stress pour beaucoup, nous sommes tous sources de coûts. Serais-je le premier maillon à sauter quand le plan d’économie touchera mon entreprise ? De quoi demain sera fait si je perds mon job ? Voilà des questions légitimes que la mode actuelle nous oblige à avoir.

Cette économie à réaliser n’est pas limitée à un secteur, une structure, etc… Elle nous touche tous. Elle s’immisce partout et même jusque dans nos acquis sociaux. Que faire, si même notre état en est réduit à l’austérité ?

Face à ce mot et à cette ambiance actuelle, nous réagissons tous avec nos sentiments. Pour certain, il est synonyme de fin, il n’y a plus rien à faire, le taux de suicide en constante augmentation depuis 2008 en atteste.

Pour d’autres, c’est le repli sur soi. Fermez les portes, ce qu’il reste du gâteau est trop petit pour se le partager. Ils prônent un protectionnisme fort, une fermeture aux autres. Ils sont extrémistes et favorisent la montée des extrêmes. Ceux-là sont dangereux pour la stabilité de nos démocraties. Heureusement, dans les deux cas, ils sont  encore minoritaires.

La majorité d’entre nous, jouent à l'écureuil. Nous amassons, nous gardons, nous accumulons. En période de crise, du fait d'un sentiment de peur, nous réduisons nos dépenses et nous nous préparons à un avenir morose.

2012, a été  une année record de collecte pour le livret A et la baisse du taux en 2013 n’y fera rien. L’hiver n’étant pas terminé nous continuerons à amasser et cela en dépit du bon sens.

Cette ambiance d’austérité crée un climat délétère qui s’autoalimente. Les plus pessimistes, poussés par l’absence de réponses des politiques, finissent par emporter les plus optimistes.

Tout cela est contre-productif. En contractant nos dépenses, nous réduisons notre consommation. Le ralentissement de celle-ci entraîne un ralentissement des revenus et une contraction de l’économie s’étendant progressivement à tous les secteurs. La maîtrise des coûts en période de crise n’est pas un cercle vertueux. C’est une mauvaise réponse prônée par les chantres du libéralisme absolue.

En jouant la contraction, nous avons tous à y perdre. Eux, ils jouent contre nous. Ils pensent d’abord à préserver leurs intérêts, pour protéger la rentabilité future de leurs investissements. Ils n’ont pas d’intérêt à voir baisser le niveau des marges. Ils doivent maintenir la pression et la solution qu’ils nous proposent revient à nous abaisser petit à petit, à accepter toujours plus par peur du lendemain.

Cette réponse, la maîtrise des coûts, est bonne dans une économie en croissance. Elle permet de faire les réserves nécessaires pour affronter les périodes plus difficiles mais elle l’est moins dans une économie en récession.

Au contraire, durant cette période, il faut éviter absolument la contraction. Nous devons lâcher les réserves, sortir de la morosité. Dépensons joyeusement, investissons massivement, profitons et peu importe de quoi demain sera fait. S’il faut mourir autant le faire pauvre et heureux que riche et malheureux !

Dans un monde en récession, comment et où trouver l’argent nécessaire ? Devons-nous prélever plus, au risque de contracter encore un peu les ménages ? Est-ce à l’état d’intervenir systématiquement ou doit-il déléguer pour retrouver des marges de manœuvre ?

L’état pourrait, par exemple, privatiser certains de ses attributs et cela a déjà commencé, avec la gestion des autoroutes par exemple. Nous pourrions continuer dans d’autres secteurs.

La gestion des universités pourrait en partie être prise en charge par des fonds privés. Un poste qui coûte chère, 28 milliard d’euros en 2011.

Le financement pour partie par des fonds privés permettrait de former une élite dont ils ont tant besoin ou de faire, à moindre coût, la recherche et le développement d’innovations clés pour le futur.

Mais un tel système ne serait pas égalitaire, seul les plus riches pourraient entrer dans ces universités ! Oui mais les fonds libérés pourraient être investis ailleurs, une partie pourrait être utilisé pour le financement de bourses au nom du principe de l'égalité.

En voilà une piste à creuser, trouver des fonds par la prise en charge de certains attributs de l’état par le privé. 

A la paranoïa des couts, source de contraction et cercle vicieux, l’état doit répondre par la dépense. Dépenser plus pour vivre mieux ! Voilà, le slogan qu'il nous faut pour sortir de l'impasse.

Ce n’est malheureusement pas la théorie défendue par le capitalisme actuel parce que celui-ci est égoïste et qu’il pense avant tout autre chose à la rentabilité court terme de son investissement.

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 10:35

Ce n’est pas très original de vous proposer un article sur la compétitivité. On connaît déjà, on a tout lu, tout vu, tout entendu. Moi, j’aimerai revenir plus avant, et tenter de comprendre comment la compétitivité est devenue (ou re-devenue) en quelques mois une notion tant à la mode.

Il y a peu, environ 10 mois, la mode était à la "croissance". Tous les politiques souhaitaient retrouver la croissance par la consomation des ménages

En associant les deux, cela laissait croire au plus grand nombre que croissance égale consomation des ménages.     Progressivement, dans le discour des politiques, le mot "croissance" a été remplacé par le mot "compétitivité". Pas que la croissance ne devienne plus nécessaire mais parce que les moyens de la relance ne passe plus par les mêmes mécanismes.  

Il faut retrouver le chemin de la croissance par la compétitivité et non plus par une reprise de la consommation, ou tout du moins si, mais cela semble avoir moins d’importance.

Il y a quelques temps de cela, j’avais posté, sur ce même blog, un article sur la croissance, la consommation des ménages et son importance. En effet, j’y évoquais la décomposition de la richesse française et la part significative de la consommation. Par conséquent, tout ralentissement de celle-ci impacte fortement la richesse française. 

Or, la consommation des ménages est en panne, et la croissance avec !!! Le politique doit aller la chercher ailleurs. Il doit diversifier au maximum ses sources de revenus .

Consommation en panne, voir en décroissance, l’état n’a plus que le choix de la balance commerciale et/ou de l'investissement.

La balance commerciale donc, aujourd’hui fortement négative pour la France, se calcule en faisant la différence entre le total des importations et des exportations. Plus elle est négative, plus nous importons, ou moins nous exportons !!!

Ce déséquilibre commercial peut s’analyser de plusieurs façons. Soit les besoins des consommateurs ne sont pas satisfaits par des entreprises nationales, auquel cas celui-ci s’en va les chercher ailleurs (importation). Soit nos entreprises, sur les marchés extérieurs, ne sont pas en mesure d’offrir un bien « comparable » à leurs concurrents du fait d’avantages compétitifs moindre (exportation).

Pour trouver l’équilibre, il nous faut exporter plus.  La problématique est donc d’offrir, aux consommateurs (locaux ou étrangers), un bien répondant en tous points à leurs attentes. Il faut faire la différence !!!

Cette différence s’apprécie au regard d’éléments de coûts et hors-coûts. Les coûts de production, distributions, communications, etc... sont des éléments de coûts. De même, la qualité, l’innovation, la renommée sont des éléments hors-coûts.

Devenir compétitif, c’est être en mesure de se différencier sur l’un de ces éléments. Plusieurs pistes, pour devenir compétitif, peuvent être apportées à notre réflexion.

Sur les éléments coûts, par exemple, être plus compétitif que son concurrent, c’est réduire les coûts de production (hors masse salariale) en augmentant la productivité.

Le but recherché est de produire plus ou mieux afin de réduire le coût unitaire de production d’un bien. Cela passera, selon les cas, soit par un renouvellement de l’appareil productif, en le modernisant ou en le mécanisant, soit par une optimisation du produit fini lui-même.

In fine, renouveler, mécaniser, optimiser demande à l’entreprise d’investir. L’investissement apparaît comme une élément clés dans la recherche de compétitivité.  

Dans les éléments hors-coûts, l’image de marque est un élément essentiel. Elle se construit sur la qualité des biens et services exportés contribuant à la réputation de l’entreprise.

L'expertise est également un élément constitutif de la compétitivité. Etre reconnu comme un acteur incoutournable de tel ou tel secteur d'activité. La France l’est actuellement dans l’industrie du luxe par exemple. Ce n’est malheureusement pas suffisant pour équilibrer notre balance.

Nos politiques doivent en prendre conscience et investir dans la création de pôle d’expertise. Ceux-ci existent déjà, les pôles de compétitivité, il faut les renforcer ! Nous devons créer les métiers, les services et les produits de demain en innovant.

L’innovation, que j’évoque ici, est peut être le point le plus important. Des entreprises innovantes sont capables de maintenir leurs parts de marché mais aussi d’en conquérir de nouvelles, voir de créer la demande de demain.

Etre compétitif, ce n'est pas qu'une histoire de coûts...C’est un ensemble de mesures visant à renforcer les avantages compétitifs de nos entreprises.

Le rapport Galois, évoqué en introduction de cet article, me semble prendre une bonne direction. Il est à souhaiter que nos politiques ne s’arrêteront pas seulement à des préoccupations électorales mais feront tout pour les mettre en œuvre et aller plus loin, allons un peu de courage messieurs les politiques !

http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers_joints/rapport_de_louis_gallois_sur_la_competitivite_0.pdf

Suite des articles à venir, les reommandations en détail

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un gars normal - dans Economie
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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 15:52

tva-sociale.jpgEn complément de mon article précédent, je souhaiterais éclaircir la notion de coût du travail. Dans quel mesure celui-ci est trop élevée et qu’elle serait les implications liées à sa baisse.

Sa définition est assez simple. Sans se compliquer, le coût du travail pour l’entreprise est la somme des salaires bruts et des charges versées par l’employeur pour le compte de ses salariées.

La somme représente un ensemble appelé la masse salariale. Ce coût global est pris en compte dans la détermination du prix de vente des biens ou services fournis par l’entreprise.

Plus la masse est importante plus le prix de vente de basse est élevé dans la mesure où elle représente une charge fixe quasiment incompressible (sauf à licencier tout le monde !!!). Pour gagner en compétitivité coût, l’entreprise va chercher à l’optimiser, soit en la rendant flexible et la réduire dans les périodes de plus faible activité (intérimaire, sous-traitance, etc…), soit en augmentant sa productivité (produire autant ou plus avec moins de main d’œuvre).

Ces charges, dont une partie est également versée par le salarié, servent à financer notre sécurité sociale.

Cela comprend la prise en charge des soins médicaux, les indemnités versées en cas de maladie et d’invalidité, le paiement des allocations familiales et le versement des retraites (régime de base).

En prélevant ces ressources sur le salaire, cela en fait un système solidaire supporté principalement par les travailleurs et touchant indirectement les consommateurs par la répercussion du coût de la masse salariale sur les prix de ventes hors taxes.

Actuellement, notre sécurité sociale coûte environ 22% du salaire brut d’un salarié (charge sociale) et entre 25% à 42% d’un salaire brut pour la part patronale.

Ce sont des montants importants et en 2011 l’assurance maladie a ainsi collecté 322.8 milliard d’euros dont 71% proviennent des seules cotisations prélevées sur les salariés et les entreprises.

L’augmentation de celle-ci est principalement liée à la baisse du nombre de contributeurs et cela ne risque pas d’aller en s’arrangeant. Pour enrayer ce cycle, il faut soit changer ce système, soit augmenter la masse des contributeurs.

Baisser le coût du travail reviendrait à baisser les charges patronales prélevées sur les salaires. Cette baisse impliquerait une perte des ressources de l’Urssaf qu’il faudrait compenser.

Sans compensation cela reviendrait à faire un trait sur une partie de nos avantages sociaux ou à mettre en place des systèmes de retraites privées.

Plusieurs solutions à la compensation sont envisagées. La plus emblématique est la TVA sociale. C’est-à-dire une répercussion de la baisse des charges pour les entreprises sur le taux de prélèvement direct aux consommateurs. Cela aurait également pour avantage d’en faire supporter le coût au plus grand nombre et non plus seulement aux seuls actifs.

Une augmentation des prélèvements directs pourraient avoir des coûts cachés considérables sur le pouvoir d’achat et à terme sur la consommation des ménages, principale source de richesse de notre économie.

Cependant, la théorie voudrait que l’effet sur le consommateur soit quasiment nul. En effet, cela supposerait que les entreprises réduiraient dans les mêmes proportions leur prix de vente.

Mécaniquement, le prix de vente des produits importés augmenterait. Ceux-ci ne bénéficiant pas d’un allègement de charges sur leur prix hors taxe.

S’il devenait moins avantageux d’acheter des biens importés que des biens produits localement, cela reviendrait à encourager un acte d’achat éthique.

Néanmoins, cette belle théorie ne marche que si les entreprises jouent le jeu.

Tout porte à croire, que celles produisant en France, baisseront effectivement leurs prix à l’export, en répercutant au prix de vente hors taxe une partie de la baisse des charges, favorisant ainsi leur compétitivité à l’international.

Pour les biens de grande consommation, il y a déjà longtemps, que les entreprises les produisant, ont délocalisé leurs usines pour être en mesure de répondre à nos besoins à moindre coût. Augmenter la TVA, augmentera mécaniquement le coût de ces biens à l’import réduisant d’autant notre pouvoir d’achat.

Par conséquent, cela supposerait que l’application de la TVA social ne le soit pas sur l’ensemble des biens mais sur des biens spécifiques, mais lesquels et pourquoi ceux-là plutôt que d’autres ?

Par ailleurs, la limitation à un type de biens serait-elle suffisante pour compenser la baisse généralisée des charges sociales ?

Si elle est appliquée à l’ensemble des biens, pour éviter une inflation forte et une baisse sensible du pouvoir d’achat, les entreprises produisant localement devraient s’engager à baisser leur prix de vente hors taxe dans les mêmes proportions que l’avantage fiscal obtenu.

La baisse des charges d’une part et l’augmentation de la TVA d’autre part aurait un effet nul pour le consommateur.

Certains ont eu tendance à croire que l’application de ce mécanisme apporterait un plus grand pouvoir d’achat aux salariés or il n’en est rien. Les entreprises ne perdraient pas cet avantage compétitif par un basculement de la réduction des charges vers une augmentation des salaires.

Elle ne serait pas suffisamment folle pour accepter de réduire son prix de vente hors taxes pour limiter l’impact de la hausse de la TVA et dans le même temps augmenter les salaires.

Il y a bien sur des avantages immédiats à baisser le coût du travail mais c’est un palliatif qui favorisera, pour un temps les entreprises.

Cependant, la compétitivité ne peut pas être limitée au seul avantage coût. Ce n’est pas nécessairement cette baisse qui favorisera une reprise de notre économie.

Mais alors qu’elles sont en plus du coût les autres ressorts de la compétitivité ?

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 09:58

salaireIl est très en vogue, c’est dernier temps, d’incriminer le coût du travail comme l'un des premiers responsable de nos « malheurs ». 

Pour nous sortir de l’ornière, nous sommes nombreux à croire en notre salut par une réduction drastique du coût du travail.

Celui-ci, pense certain, pèse fortement sur la compétitivité de nos entreprises. Ainsi, en le réduisant, nous retrouverions notre rang.

Le coût du travail comme frein à la compétitivité, c'est de cela qu'il est question !!! 

Ces mêmes illuminés arguent que l’avantage compétitif de nos concurrents est le bas salaire. Si nous faisions une matrice de Porter serait-ce là l’unique argument valable ?

Limiter la compétitivité au coût du travail est une vision bien réduite de ce qu'elle est vraiment. Les défenseurs du bas salaire citent souvent l'Allemagne en exemple.

Or celle-ci a un niveau des coûts salariaux identiques à celui de la France et pourtant leurs entreprises sont très compétitives. En témoigne, l'état de la balance commerciale Allemande.

Par conséquent, la faiblesse de notre compétitivité ne doit pas être recherchée uniquement dans les éléments de coûts, il faut élargir le champ.

A ces mêmes coûts, ne pourrions-nous pas y opposer la qualité de nos produits, l’impact environnemental de nos industries et le rôle social de celles-ci ?    

Cette solution radicale m’interpelle souvent. Croyons-nous sincèrement qu’une réduction du coût du travail, nous permettra de sortir de notre marasme économique ?

Et d’ailleurs, de combien ce coût devrait baisser pour être vraiment efficace ?

Je ne contredits pas le fait que le coût du travail soit élevé. Par contre, le baisser est une vue à court terme comme solution à nos problèmes. Il me semble que c’est une révision globale de notre système qui est nécessaire.

A notre échelle, déjà, nous pourrions commencer par un comportement plus éthique dans nos actes d’achat.

J’ai pour habitude de rejeter la faute sur le consommateur. Dans le cas précis du coût du travail, c’est encore lui le principal responsable. Le fait d’acheter, ailleurs, des produits à moindre coût ne favorise pas nos entreprises françaises.

Un coût de main d’œuvre moins chère, un coût de transport insuffisamment élevé, des barrières douanières quasi inexistantes, c’est la combinaison de ces facteurs qui lui permettent d’acquérir à peu près tout type de biens manufacturés à des prix défiants toute concurrence par rapport à ceux produits sur son marché domestique.

Aurait-il tort de s’en priver ? Dans son acte d’achat, a-t-il un seul instant une pensée pour les personnes produisant « à moindre coût » son plaisir ?

Oui, le consommateur est responsable et la mondialisation n’a fait que répondre à ses attentes.

En acceptant une baisse du coût du travail, nous favorisons un nivellement vers le bas. Cela reviendrait à nous mettre au niveau de nos concurrents. Est-ce vraiment cela que nous voulons ? Il y a toujours plus bas que nous. Jusqu’à quel niveau devrions-nous baisser le coût du travail ?

Nos entreprises sont soumises à nombre de règles visant à protéger leur écosystème (nature, humain, etc…) et cela pour tenir compte des revendications de l'opinion publique (à savoir nous les consommateurs). Celles-ci ont un coût pour l’entreprise et viennent, en partie, diminuer notre compétitivité.

Notre acte d’achat doit tenir compte de cela. C'est un formidable avantage concurrentiel que nous devons exploiter et revendiquer face à des pays émergents moins soucieux.

Est-il préférable de favoriser une entreprise qui tient compte de ses rejets dans l’atmosphère plutôt qu’une autre n’ayant peu voir aucune règle ?

C’est à nous de protéger nos entreprises par nos actes d’achat. Si le dogme libéral refuse le protectionnisme d’état, il ne peut rien contre celui du consommateur.

Nous sommes libres de choisir ce que nous achetons. Pour éviter le nivellement par le bas de notre système, nous devons nous tourner vers une consommation éthique.

Ce n’est bien sûr pas la seule réponse à la perte de compétitivité de nos entreprises mais c’est un engagement individuel pour le bien commun de la communauté et il est temps de s'y mettre.

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 12:26

bv000065Croissance, tout le monde n’a que ce mot à la bouche ! Il faut retrouver le « chemin de la croissance », « Vive la croissance »… Mais a-t-on vraiment compris ce qu’il cache et à quoi elle sert ?

Notre modèle social actuel ne peut pas exister sans croissance. Elle est un mal nécessaire.

Moi, ce qui me fait marrer, c’est l’incohérence des gens. Ils se plaignent du capitalisme, des systèmes inégalitaires, de la croissance excessive.

Ils militent pour un monde plus juste, une meilleure répartition des richesses. Ils s’indignent contre la recherche permanente de profits. Ils dénoncent les financiers, les patrons, les capitaux etc…

Cependant, ils oublient que notre modèle a créé la bête qu’ils combattent. Ils oublient que sans argent et peut être sans endettement, celui-ci serait mort depuis longtemps.

Il suffit de faire appel à notre bon sens pour s’en rendre compte.

En fin de mois, je regarde le solde de ma caisse. Je sais qu’au-delà, je ne pourrais plus consommer. Quand mon solde est à 0, je trouve les moyens nécessaires pour éviter de
m’endetter.

Mes dépenses augmentant, je chercherais soit à augmenter mes recettes, soit à trouver des pistes d’économies.

A une plus grande échelle, c’est la même logique qui s’impose à nos systèmes. La croissance est un des moyens nous permettant d’assurer la pérennité de notre modèle.

Pour se maintenir, l’Etat a un besoin constant de recettes en augmentation dans les mêmes proportions que les dépenses.

Les recettes de l’Etat, c’est la collecte des diverses taxes et cotisations. Il en existe de 3 natures différentes :

-          Sur la consommation, la TVA par exemple,

-          Sur le capital, impôt sur le patrimoine, les dividendes,

-          Sur le travail.

La croissance des recettes est liée à la capacité des agents économiques à consommer plus, à gagner plus, à exporter plus, à posséder plus.

« Toujours plus », pourrait être une devise de notre système.

En face, l’Etat accumule des dépenses. Sans que cette liste soit exhaustive, les dépenses sont liées à :

-          L’éducation,

-          L’armée,

-          Les retraites,

-          La fonction publique,

-          Les services publics,

-          La sécurité sociale,

-          Etc…

Comme tout bon gestionnaire, l’Etat cherche à atteindre l’équilibre budgétaire. Et à résoudre l’équation Recettes = Dépenses.

Malheureusement pour nous, la dépense augmente plus vite que la recette. Et cela n’ira pas sans s’arrêter !!!

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène :

-       L’augmentation de l’espérance de vie avec pour conséquence l’accroissement du nombre d’année de retraites à financer (vs le nombre d’années de cotisation),

-       Les Papy Boomers, versus le nombre de cotisant en diminution du fait du ralentissement démographique de nos sociétés,

-      L’augmentation du nombre de chômeurs, du fait des ralentissements économiques successifs, des délocalisations,

-      L’augmentation des dépenses de santé,

-      L’augmentation des dépenses d’éducation

Pour financer cet accroissement naturel et structurel, il faut que la recette augmente dans les mêmes proportions.

Faute d’un changement de cap drastique, notre système est condamné à croître toujours. Il n’est pas possible d’imaginer un monde sans croissance.

Parce qu’elle est nécessaire, dans notre environnement aux ressources finies et à l’espace limité, a-t-on pesé les conséquences d’une croissance effrénée sur notre environnement ?

Des solutions permettant de limiter ou d’engendrer une croissance plus saine existent. Elles seront longues à mettre en place. Les réponses actuellement apportées permettent de le maintenir mais ne font que repousser le problème à une autre échéance.

A bon entendeur, Salut !!

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un gars normal - dans Economie
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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 09:29

Croissance2.jpg

 

Pendant toute la campagne, j’ai eu le sentiment de participer au combat de la « Croissance » contre « l’Austérité ». Une idée sympathique et réjouissante contre la misère...

En votant à Droite, nous étions tous voués à devenir des Cosettes et à servir le dieu Capital.

L’austérité, dans la bouche des partisans de la croissance, était devenue le synonyme de l’arrêt brutal des aides sociales, du gel des embauches, de la réduction des salaires…. Bref un retour en arrière de quelques siècles. Qui aurait voulu d’un monde pareil ?

La Gauche se présentait en sauveur. Elle redonnait espoir à des millions de personnes. Elle nous promettait une société plus juste, dans laquelle la croissance serait là et personne ne manquerait de rien…

Pour prouver la justesse de leurs propos, les différents groupes nous ont submergés de chiffres.

Lors de chaque débat, toujours la même guéguerre. Souvenez-vous de Poutou sur DPDA « Ce n’est pas l’estimation Poutou, ce n’est pas la mienne !!! ».

Regardez le débat d’entre 2 tours et l’éternelle exclamation « ces chiffres sont faux !!! ». A la fin des débats, toujours ce même sentiment amer, l'impresion de ne pas avoir trouvé de réponses pour savoir qui de Croissance ou Austérité devait l’emporter.

A mon sens, chacune de ces politiques n’a qu’un seul objectif, trouver les ressources nécessaires afin de soutenir notre système français fatigué.

La Croissance est le moyen d’assurer à notre gouvernement une augmentation de ses recettes pour soutenir ses dépenses. Et l’Austérité est le moyen de réduire les dépenses, faute de pouvoir augmenter les recettes, et cela afin d’éviter la faillite de l’état.

Le but recherché est l’équilibre budgétaire….

In fine, nous sommes l’Etat. Soit nous contribuons plus, soit nous recevons moins. Et pour les champions de la Croissance, nous sommes la vache à lait qu’il faut traire pour rassasier un état toujours plus consommateur.

Si notre consommation ralentie, les recettes de l’état stagnent. Le jeu consiste à être sûr que la Croissance sera là et notre Champion y croit. Il nous l’a promis. Ne nous inquiétons pas, elle ne saurait tarder.

Malheureusement, depuis plusieurs années, nous sommes passés d’une consommation de masse et d’équipement à une consommation de renouvellement. La seule part de nos budgets qui croît est la consommation subie (les loyers par exemple).

Personne ne me fera croire qu’un ménage qui a déjà consommé un produit (et toutes ses déclinaisons possibles inventées par nos marketeurs) continuera de l’acheter en double ou en triple. 

C’est une évidence, il arrive un moment où notre capacité à consommer arrive à saturation, nous ne pouvons pas consommer plus que nous n'avons. Or, nous avons déjà tout…

Il paraît même, que pour contrer cette évidence, les vendeurs d’électroménager ont inséré des compteurs dans leurs appareils.

Après X utilisations, l’appareil s’éteint… Il y en a qui en sont persuadés (ma mère par exemple). Un jour, je me suis promis de démonter son lave-vaisselle pour trouver ce fichu compteur.

La consommation finale croît naturellement par un effet prix, les inflations successives, plus un léger effet de volume. Cependant, elle ne croît pas suffisamment pour couvrir l'augmentation naturelle et structurelle des dépenses. Mise à part un miracle et un retour à une consommation de masse, je ne crois pas que l’équilibre soit à trouver par ici…

Peut-être se cache-t-elle dans les exportations !!

Nous importons plus que nous exportons. Même si notre consommation finale ralentie, nous voulons continuer à acheter. Acheter certes, mais toujours au meilleur prix (ou en tout cas le moins chère possible)… Qui va acheter un bien quand, à qualité comparable, il pourra l’acheter à 20, 30 ou 40% moins chère ? Un consommateur éthique !!!

Si nous ne pouvons compter ni sur la consommation finale, ni sur les exportations, je me demande bien ce que notre nouveau gouvernement va pouvoir faire pour le retour à l’équilibre !!!

En finissant, ce billet au lendemain du 1er tour des législatives, je constate que le gouvernement fait déjà tomber le masque et demande un délai pour ramener le déficit à 3% du PIB (pour info, c’était le 1er point des 60 engagement du programme de notre Président).

Oui un retour à la Croissance sans un changement drastique, soit de notre mode de consommation, soit de notre modèle économique est une hypocrisie.

Une promesse électorale intenable mais dans 5 ans qui s'en souviendra !!! Et surtout, l'on dira "c'est pas nous, c'est la faute à la crise..."

A bon entendeur Salut !

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un gars normal - dans Economie
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