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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 07:56

 cogestion.jpg

2 proposition : Introduire dans les Conseils d’Administration ou de Surveillance des entreprises de plus de 5 000 salariés, au moins 4 représentants des salariés, sans dépasser le tiers des membres, avec voix délibérative, y compris dans les comités des conseils.

 

 

Inviter les salariés dans les conseils d'administration serait une petite révolution dans la gouvernance des entreprises françaises. Cette proposition s'inspire du modèle allemand du Mitbestimmung, traduit par cogestion ou codétermination et mis en place Outre-Rhin depuis de nombreuses années (1952 – premières initiatives de cogestion).

 

Le principe général de la codétermination est de permettre aux salariés de prendre part aux décisions de l’entreprise. Pour cela, ils sont représentés dans les organes de direction à partir de 2 000 salariés et ils  interviennent principalement dès qu’une décision implique des conséquences tangibles pour les salariés et leurs conditions de travail.

 

Les Allemands ne sont pas seuls dans la cogestion, 18 autres pays européens ont adopté des systèmes de gouvernance proches. Ils répondent aux travers du système de gouvernance anglo-saxon centré principalement sur l’actionnaire.

 

Ils permettent aux salariés de s’impliquer davantage dans la mission de l’entreprise et aux actionnaires d’en comprendre plus encore le rôle social de celles-ci.

 

Dans la crise de 2008, les entreprises allemandes ont su s’adapter à la demande et moduler de façon significative leur temps de travail. Elles ont, de ce fait, éviter de licencier et de dégrader le pouvoir d’achat des ménages touchés permettant de maintenir un niveau minimum de croissance.

Lors de la reprise, elles étaient déjà prêtes et pleinement opérationnelles. Ce maintien de l’emploi et du pouvoir d’achat n’a été rendu possible que par l’étroite collaboration entre les actionnaires, les dirigeants et les salariés. Adapter le temps de travail et le salaire à un ralentissement de l’activité et inversement n’a encore jamais été vu en France.

 

Bien sûr, ce système n’a pas que des avantages. Il alourdit la prise de décision en faisant cohabiter deux intervenants aux objectifs finaux différents. Pour éviter une situation de blocage, le président du conseil est toujours un représentant des actionnaires ayant dernier mot, et les salariés représentent de 1/3 à 50% des membres du conseil.

 

Par ailleurs, il lui a été reproché d’être un frein aux investissements étrangers. La peur de s’empêtrer dans un système compliqué où le salarié peut avoir autant de pouvoir que le possédant. Cependant le dynamisme de l’économie allemande semble nous prouver le contraire.

 

Si la France venait à adopter ce mode de gouvernance, cela viendrait renforcer le pacte social européen, mais pourquoi le vouloir pour nous ? Nous avons déjà un bon nombre d’instances représentatives des salariés.

 

Le vouloir pour la France, c’est implicitement reconnaître que les organes de représentation des salariés sont inefficaces ou tout au moins incomplet face à un mode de gouvernance anglo-saxon ultra puissant.

 

En effet, selon la taille de l’entreprise, les salariés peuvent être représentés par au moins 3 instances différentes, le délégué du personnel, le comité d’entreprise et la section syndicale, aux rôles plus ou moins clairs.

 

Pour les résumer, ils ont un rôle de consultation, de négociation et de réclamation. A chaque instance revient l’une de ces responsabilités. Ils leur manquent néanmoins le droit d’intervenir dans la prise de décision alors qu’ils sont tout autant responsables et parties prenantes de la vie et du projet de l’entreprise.

 

Le vouloir pour la France et pour nos entreprises demandera un changement significatif de nos modes de fonctionnement et de pensées tant du point de vue des dirigeants et actionnaires que des salariés.

 

Le gouvernement, dans sa réponse à Monsieur Gallois, reprend cette proposition. D’une mise en œuvre facile, à voir pour autant si cette réponse sera suivie d’effets et si notre gouvernement aura le courage de s’opposer aux puissants lobbying des actionnaires ou au contraire à ne pas céder au chantage des syndicats, représentant seulement 7% des salariés, et voulant toujours plus.

 

 

 

Pour plus d’informations sur la cogestion - http://www.alternatives-economiques.fr/faut-il-s-inspirer-de-la-cogestion-allemande-_fr_art_633_61141.html

 

Pour une analyse du pacte sociale par le Sénat - http://www.senat.fr/rap/r10-227/r10-227.html

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 07:20

 

rapport-gallois.jpg1 proposition : l’État s’engage à ne pas modifier cinq dispositifs, au moins, au cours du Quinquennat

 

Au tout début, celle-ci m'a surprise. Pourquoi s’attaquer d’abord à l’environnement réglementaire avant de s’attaquer aux coûts ? A y regarder de plus près, un investisseur recherche, certes un investissement rentable, mais aussi la sécurité et la stabilité. Il doit avoir confiance dans son environnement. Mais est-ce un critère déterminant ?

 

La France est connue pour sa sur-règlementation et surtout son instabilité réglementaire. Cette « marque de fabrique » n’attire pas l’investisseur, selon Monsieur Gallois.  Alors, la réglementation comme avantage compétitif, pourquoi pas ?

 

Pour les attirer, nous devons « rassurer » et Monsieur Gallois propose que notre gouvernement actuel ne modifie pas au moins 5 dispositifs au cours du quinquennat. A savoir, le crédit impôt recherche, le dispositif "Dutreil", la contribution territoriale, les incitations sociales aux jeunes entreprises innovantes et les dispositifs en faveur de l'investissement des PME.

 

En quelque sorte, Monsieur Gallois demande au gouvernement actuel un reniement partiel de ses engagements. Une partie des dispositifs cités ont été mis en place par le précédent or nous observons, depuis plusieurs mois, une remise à plat quasi systématique des lois et règlementation antérieur (TVA social, heures supplémentaires, crédit impôt recherche, etc…).

 

Comment donc, le gouvernement actuel élu en opposition au précédent pourrait souhaiter tout arrêter et devenir ainsi le défenseur de la stabilité !!! Nous voulons le changement, tout au moins une large majorité… que faire alors, continuer la remise à plat ou tenter de rassurer les investisseurs en prônant la stabilité ?

Que vont dire nos électeurs ? On entend déjà le FDG, cité comme premier partie d’opposition depuis l’éclatement de l’UMP, se plaindre du gouvernement actuel pire que le précédent !!! La compétitivité est à ce prix qu’il faille un reniement politique.

 

C'est une proposition d'une mise en œuvre "facile" mais au coût potentiellement élevé. Le jeu en vaut-il la peine ?

 

Vous noterez, je vous l’ai mise ci-dessous, la réponse de notre 1er ministre. Evasive à souhait…

 

Parce que l’environnement réglementaire semble être la première préoccupation des entrepreneurs, le gouvernement accepte de bon cœur cette proposition et va plus loin en proposant, en plus des 5 « dispositifs fiscaux », de simplifier au moins 5 démarches administratives. Mais lesquelles ? Et pourquoi faire ? Nous le saurons, ou pas, en 2013 !!!

 

Sans s’engager, le gouvernement accepte le défi proposé par Monsieur Gallois. La réponse est subtile accepter mais ne pas trop en dire.

 

 « L’Etat doit également faciliter l’entreprenariat en simplifiant l’environnement réglementaire et fiscal. Car la principale préoccupation des chefs d’entreprise au quotidien, c’est la complexité et l’instabilité des normes. Nous simplifierons dès 2013 cinq démarches administratives essentielles pour les entreprises. Et nous stabiliserons sur la durée du quinquennat cinq dispositifs fiscaux clés pour l’investissement et la vie des entreprises »

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 10:35

Ce n’est pas très original de vous proposer un article sur la compétitivité. On connaît déjà, on a tout lu, tout vu, tout entendu. Moi, j’aimerai revenir plus avant, et tenter de comprendre comment la compétitivité est devenue (ou re-devenue) en quelques mois une notion tant à la mode.

Il y a peu, environ 10 mois, la mode était à la "croissance". Tous les politiques souhaitaient retrouver la croissance par la consomation des ménages

En associant les deux, cela laissait croire au plus grand nombre que croissance égale consomation des ménages.     Progressivement, dans le discour des politiques, le mot "croissance" a été remplacé par le mot "compétitivité". Pas que la croissance ne devienne plus nécessaire mais parce que les moyens de la relance ne passe plus par les mêmes mécanismes.  

Il faut retrouver le chemin de la croissance par la compétitivité et non plus par une reprise de la consommation, ou tout du moins si, mais cela semble avoir moins d’importance.

Il y a quelques temps de cela, j’avais posté, sur ce même blog, un article sur la croissance, la consommation des ménages et son importance. En effet, j’y évoquais la décomposition de la richesse française et la part significative de la consommation. Par conséquent, tout ralentissement de celle-ci impacte fortement la richesse française. 

Or, la consommation des ménages est en panne, et la croissance avec !!! Le politique doit aller la chercher ailleurs. Il doit diversifier au maximum ses sources de revenus .

Consommation en panne, voir en décroissance, l’état n’a plus que le choix de la balance commerciale et/ou de l'investissement.

La balance commerciale donc, aujourd’hui fortement négative pour la France, se calcule en faisant la différence entre le total des importations et des exportations. Plus elle est négative, plus nous importons, ou moins nous exportons !!!

Ce déséquilibre commercial peut s’analyser de plusieurs façons. Soit les besoins des consommateurs ne sont pas satisfaits par des entreprises nationales, auquel cas celui-ci s’en va les chercher ailleurs (importation). Soit nos entreprises, sur les marchés extérieurs, ne sont pas en mesure d’offrir un bien « comparable » à leurs concurrents du fait d’avantages compétitifs moindre (exportation).

Pour trouver l’équilibre, il nous faut exporter plus.  La problématique est donc d’offrir, aux consommateurs (locaux ou étrangers), un bien répondant en tous points à leurs attentes. Il faut faire la différence !!!

Cette différence s’apprécie au regard d’éléments de coûts et hors-coûts. Les coûts de production, distributions, communications, etc... sont des éléments de coûts. De même, la qualité, l’innovation, la renommée sont des éléments hors-coûts.

Devenir compétitif, c’est être en mesure de se différencier sur l’un de ces éléments. Plusieurs pistes, pour devenir compétitif, peuvent être apportées à notre réflexion.

Sur les éléments coûts, par exemple, être plus compétitif que son concurrent, c’est réduire les coûts de production (hors masse salariale) en augmentant la productivité.

Le but recherché est de produire plus ou mieux afin de réduire le coût unitaire de production d’un bien. Cela passera, selon les cas, soit par un renouvellement de l’appareil productif, en le modernisant ou en le mécanisant, soit par une optimisation du produit fini lui-même.

In fine, renouveler, mécaniser, optimiser demande à l’entreprise d’investir. L’investissement apparaît comme une élément clés dans la recherche de compétitivité.  

Dans les éléments hors-coûts, l’image de marque est un élément essentiel. Elle se construit sur la qualité des biens et services exportés contribuant à la réputation de l’entreprise.

L'expertise est également un élément constitutif de la compétitivité. Etre reconnu comme un acteur incoutournable de tel ou tel secteur d'activité. La France l’est actuellement dans l’industrie du luxe par exemple. Ce n’est malheureusement pas suffisant pour équilibrer notre balance.

Nos politiques doivent en prendre conscience et investir dans la création de pôle d’expertise. Ceux-ci existent déjà, les pôles de compétitivité, il faut les renforcer ! Nous devons créer les métiers, les services et les produits de demain en innovant.

L’innovation, que j’évoque ici, est peut être le point le plus important. Des entreprises innovantes sont capables de maintenir leurs parts de marché mais aussi d’en conquérir de nouvelles, voir de créer la demande de demain.

Etre compétitif, ce n'est pas qu'une histoire de coûts...C’est un ensemble de mesures visant à renforcer les avantages compétitifs de nos entreprises.

Le rapport Galois, évoqué en introduction de cet article, me semble prendre une bonne direction. Il est à souhaiter que nos politiques ne s’arrêteront pas seulement à des préoccupations électorales mais feront tout pour les mettre en œuvre et aller plus loin, allons un peu de courage messieurs les politiques !

http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers_joints/rapport_de_louis_gallois_sur_la_competitivite_0.pdf

Suite des articles à venir, les reommandations en détail

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un gars normal - dans Economie
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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 10:34

Le mot économie trouve sa source dans le mot grec oikonomía qui signifie « gestion de la maison ». Cette origine et cette définition prédestinait il ce mot à être à l’origine d’une science social tant décriée au 21ème siècle ?

Si l’on ouvre le Larousse, la première définition que l’on trouve est la suivante : « gestion où on réduit ses dépenses, où on évite des dépenses superflues ». Que ce soit dès son origine grec ou dans sa définition actuelle, l’économie est donc un système de gestion visant à optimiser les ressources ou à limiter les dépenses d’un individu ou d’un groupe d’individu.

Par essence, la notion d’économie repose sur l’individu pouvant se définir comme un être seul ou comme un groupe de personnes.

C’est cette base qui au quotidien analyse, gère et optimise ses ressources, pour compte propre (comme dans le cas d’une famille par exemple) ou en étant partie prenante d’un ensemble (cas d’une entreprise).

L’individu considéré isolément ou socialement n’est pas un être 100% rationnel et mécanique agissant selon des codes et programmes ou selon un enchaînement logique. Chaque individu agit selon ses humeurs, sa culture, ses envies et ses intérêts.

Par conséquent, ce système de gestion repose avant tout sur la somme d’intérêts individuels servant in fine un intérêt collectif et vice versa.

Sans l’intérêt individuel il n’y a pas d’intérêt collectif, la perversion de ce système est que l’intérêt collectif cesse d’exister dès lors que les intérêts des individus sont divergents et surtout dès qu’ils sont menacés.

Quand il y a menace, l’individu se repli engendrant l’individualisme ce mal qui ronge nos sociétés occidentales.

Dans le siècle actuel, celui-ci est décrié mais il n’est que la résultante d’un monde devenu anxiogène.

Au lieu de réfléchir à une nouvelle façon d’intéresser l’individu à lutter pour un bien individuel qui serve également le bien commun, nos politiques (mais pas seulement eux) entretiennent nos peurs nous poussant à nous renfermer et cela afin d’assurer au mieux la « gestion de la maison ». 

Il est donc temps de changer cette spirale si nous voulons sortir grandi de la crise actuelle qui n’est pas seulement économique mais aussi morale.

Pour traverser cette crise, nos politiques sont trop souvent tentés d’appliquer des règles usées qui ont marchées dans des contextes et à des moments de l’histoire précis.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 15:52

tva-sociale.jpgEn complément de mon article précédent, je souhaiterais éclaircir la notion de coût du travail. Dans quel mesure celui-ci est trop élevée et qu’elle serait les implications liées à sa baisse.

Sa définition est assez simple. Sans se compliquer, le coût du travail pour l’entreprise est la somme des salaires bruts et des charges versées par l’employeur pour le compte de ses salariées.

La somme représente un ensemble appelé la masse salariale. Ce coût global est pris en compte dans la détermination du prix de vente des biens ou services fournis par l’entreprise.

Plus la masse est importante plus le prix de vente de basse est élevé dans la mesure où elle représente une charge fixe quasiment incompressible (sauf à licencier tout le monde !!!). Pour gagner en compétitivité coût, l’entreprise va chercher à l’optimiser, soit en la rendant flexible et la réduire dans les périodes de plus faible activité (intérimaire, sous-traitance, etc…), soit en augmentant sa productivité (produire autant ou plus avec moins de main d’œuvre).

Ces charges, dont une partie est également versée par le salarié, servent à financer notre sécurité sociale.

Cela comprend la prise en charge des soins médicaux, les indemnités versées en cas de maladie et d’invalidité, le paiement des allocations familiales et le versement des retraites (régime de base).

En prélevant ces ressources sur le salaire, cela en fait un système solidaire supporté principalement par les travailleurs et touchant indirectement les consommateurs par la répercussion du coût de la masse salariale sur les prix de ventes hors taxes.

Actuellement, notre sécurité sociale coûte environ 22% du salaire brut d’un salarié (charge sociale) et entre 25% à 42% d’un salaire brut pour la part patronale.

Ce sont des montants importants et en 2011 l’assurance maladie a ainsi collecté 322.8 milliard d’euros dont 71% proviennent des seules cotisations prélevées sur les salariés et les entreprises.

L’augmentation de celle-ci est principalement liée à la baisse du nombre de contributeurs et cela ne risque pas d’aller en s’arrangeant. Pour enrayer ce cycle, il faut soit changer ce système, soit augmenter la masse des contributeurs.

Baisser le coût du travail reviendrait à baisser les charges patronales prélevées sur les salaires. Cette baisse impliquerait une perte des ressources de l’Urssaf qu’il faudrait compenser.

Sans compensation cela reviendrait à faire un trait sur une partie de nos avantages sociaux ou à mettre en place des systèmes de retraites privées.

Plusieurs solutions à la compensation sont envisagées. La plus emblématique est la TVA sociale. C’est-à-dire une répercussion de la baisse des charges pour les entreprises sur le taux de prélèvement direct aux consommateurs. Cela aurait également pour avantage d’en faire supporter le coût au plus grand nombre et non plus seulement aux seuls actifs.

Une augmentation des prélèvements directs pourraient avoir des coûts cachés considérables sur le pouvoir d’achat et à terme sur la consommation des ménages, principale source de richesse de notre économie.

Cependant, la théorie voudrait que l’effet sur le consommateur soit quasiment nul. En effet, cela supposerait que les entreprises réduiraient dans les mêmes proportions leur prix de vente.

Mécaniquement, le prix de vente des produits importés augmenterait. Ceux-ci ne bénéficiant pas d’un allègement de charges sur leur prix hors taxe.

S’il devenait moins avantageux d’acheter des biens importés que des biens produits localement, cela reviendrait à encourager un acte d’achat éthique.

Néanmoins, cette belle théorie ne marche que si les entreprises jouent le jeu.

Tout porte à croire, que celles produisant en France, baisseront effectivement leurs prix à l’export, en répercutant au prix de vente hors taxe une partie de la baisse des charges, favorisant ainsi leur compétitivité à l’international.

Pour les biens de grande consommation, il y a déjà longtemps, que les entreprises les produisant, ont délocalisé leurs usines pour être en mesure de répondre à nos besoins à moindre coût. Augmenter la TVA, augmentera mécaniquement le coût de ces biens à l’import réduisant d’autant notre pouvoir d’achat.

Par conséquent, cela supposerait que l’application de la TVA social ne le soit pas sur l’ensemble des biens mais sur des biens spécifiques, mais lesquels et pourquoi ceux-là plutôt que d’autres ?

Par ailleurs, la limitation à un type de biens serait-elle suffisante pour compenser la baisse généralisée des charges sociales ?

Si elle est appliquée à l’ensemble des biens, pour éviter une inflation forte et une baisse sensible du pouvoir d’achat, les entreprises produisant localement devraient s’engager à baisser leur prix de vente hors taxe dans les mêmes proportions que l’avantage fiscal obtenu.

La baisse des charges d’une part et l’augmentation de la TVA d’autre part aurait un effet nul pour le consommateur.

Certains ont eu tendance à croire que l’application de ce mécanisme apporterait un plus grand pouvoir d’achat aux salariés or il n’en est rien. Les entreprises ne perdraient pas cet avantage compétitif par un basculement de la réduction des charges vers une augmentation des salaires.

Elle ne serait pas suffisamment folle pour accepter de réduire son prix de vente hors taxes pour limiter l’impact de la hausse de la TVA et dans le même temps augmenter les salaires.

Il y a bien sur des avantages immédiats à baisser le coût du travail mais c’est un palliatif qui favorisera, pour un temps les entreprises.

Cependant, la compétitivité ne peut pas être limitée au seul avantage coût. Ce n’est pas nécessairement cette baisse qui favorisera une reprise de notre économie.

Mais alors qu’elles sont en plus du coût les autres ressorts de la compétitivité ?

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un gars normal - dans Economie
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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 09:58

salaireIl est très en vogue, c’est dernier temps, d’incriminer le coût du travail comme l'un des premiers responsable de nos « malheurs ». 

Pour nous sortir de l’ornière, nous sommes nombreux à croire en notre salut par une réduction drastique du coût du travail.

Celui-ci, pense certain, pèse fortement sur la compétitivité de nos entreprises. Ainsi, en le réduisant, nous retrouverions notre rang.

Le coût du travail comme frein à la compétitivité, c'est de cela qu'il est question !!! 

Ces mêmes illuminés arguent que l’avantage compétitif de nos concurrents est le bas salaire. Si nous faisions une matrice de Porter serait-ce là l’unique argument valable ?

Limiter la compétitivité au coût du travail est une vision bien réduite de ce qu'elle est vraiment. Les défenseurs du bas salaire citent souvent l'Allemagne en exemple.

Or celle-ci a un niveau des coûts salariaux identiques à celui de la France et pourtant leurs entreprises sont très compétitives. En témoigne, l'état de la balance commerciale Allemande.

Par conséquent, la faiblesse de notre compétitivité ne doit pas être recherchée uniquement dans les éléments de coûts, il faut élargir le champ.

A ces mêmes coûts, ne pourrions-nous pas y opposer la qualité de nos produits, l’impact environnemental de nos industries et le rôle social de celles-ci ?    

Cette solution radicale m’interpelle souvent. Croyons-nous sincèrement qu’une réduction du coût du travail, nous permettra de sortir de notre marasme économique ?

Et d’ailleurs, de combien ce coût devrait baisser pour être vraiment efficace ?

Je ne contredits pas le fait que le coût du travail soit élevé. Par contre, le baisser est une vue à court terme comme solution à nos problèmes. Il me semble que c’est une révision globale de notre système qui est nécessaire.

A notre échelle, déjà, nous pourrions commencer par un comportement plus éthique dans nos actes d’achat.

J’ai pour habitude de rejeter la faute sur le consommateur. Dans le cas précis du coût du travail, c’est encore lui le principal responsable. Le fait d’acheter, ailleurs, des produits à moindre coût ne favorise pas nos entreprises françaises.

Un coût de main d’œuvre moins chère, un coût de transport insuffisamment élevé, des barrières douanières quasi inexistantes, c’est la combinaison de ces facteurs qui lui permettent d’acquérir à peu près tout type de biens manufacturés à des prix défiants toute concurrence par rapport à ceux produits sur son marché domestique.

Aurait-il tort de s’en priver ? Dans son acte d’achat, a-t-il un seul instant une pensée pour les personnes produisant « à moindre coût » son plaisir ?

Oui, le consommateur est responsable et la mondialisation n’a fait que répondre à ses attentes.

En acceptant une baisse du coût du travail, nous favorisons un nivellement vers le bas. Cela reviendrait à nous mettre au niveau de nos concurrents. Est-ce vraiment cela que nous voulons ? Il y a toujours plus bas que nous. Jusqu’à quel niveau devrions-nous baisser le coût du travail ?

Nos entreprises sont soumises à nombre de règles visant à protéger leur écosystème (nature, humain, etc…) et cela pour tenir compte des revendications de l'opinion publique (à savoir nous les consommateurs). Celles-ci ont un coût pour l’entreprise et viennent, en partie, diminuer notre compétitivité.

Notre acte d’achat doit tenir compte de cela. C'est un formidable avantage concurrentiel que nous devons exploiter et revendiquer face à des pays émergents moins soucieux.

Est-il préférable de favoriser une entreprise qui tient compte de ses rejets dans l’atmosphère plutôt qu’une autre n’ayant peu voir aucune règle ?

C’est à nous de protéger nos entreprises par nos actes d’achat. Si le dogme libéral refuse le protectionnisme d’état, il ne peut rien contre celui du consommateur.

Nous sommes libres de choisir ce que nous achetons. Pour éviter le nivellement par le bas de notre système, nous devons nous tourner vers une consommation éthique.

Ce n’est bien sûr pas la seule réponse à la perte de compétitivité de nos entreprises mais c’est un engagement individuel pour le bien commun de la communauté et il est temps de s'y mettre.

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un gars normal - dans Economie
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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 18:16

Evolution-metier.jpg

Par contrainte ou choix économique, par mutation technologique ou évolution des habitudes de consommation, nos métiers évoluent et dans certains cas disparaissent.

Ce changement permanent pose pour le professionnel un dilemme crucial, soit il évolue et s’adapte, soit il disparait. Depuis des millénaires, les avancées technologiques successives d’une part et nos habitudes de consommation d’autre part, ont fait disparaître bon nombre de métiers et cela particulièrement dans les secteurs économiques primaire et secondaire.

Pour votre culture et si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire le dictionnaire des métiers anciens. http://suite101.fr/article/ces-metiers-dautrefois-disparus-aujourdhui-a27070

Dans les activités industrielles, la recherche technologique a progressivement remplacé l’homme par la machine, cela est regrettable.

Et cependant, dans le même temps, elle lui a permis de se qualifier. L’ouvrier a été remplacé par l’ouvrier qualifié. Il s’est spécialisé, éduqué jusqu’à devenir un expert irremplaçable dans son domaine. A celui qui a su, contraint ou volontaire, s’adapter à cette évolution, il reste de la place.

Il n’en ait malheureusement pas de même avec les métiers du secteur primaire. Que sont-ils devenus tous ces paysans qui fautent de travail en quantité ont dû se résoudre à rejoindre les villes ?

Heureusement pour eux, l’exode rural a souvent coïncidé avec les révolutions industrielles. De paysan, ils sont devenus ouvriers. D’ouvrier, ils sont devenus ouvriers spécialisés (ou autre) et ainsi de suite.

Bref de tous temps, cette avancée technologique a eu ses déboires mais aussi ses bienfaits. Elle a permis à nombre d’homme d’évoluer socialement. Alors, me direz-vous, à quoi sert un article au titre si pessimiste.  

Réveillez-vous camarade, c’est que cette gourmande de productivité s’attaque maintenant aux métiers du tertiaire.

In fine, les avancées technologiques ont eu pour unique objectif, tout du moins dans un premier temps, de satisfaire la sacro-sainte productivité.

A l’augmentation du niveau de vie des populations, à l’accroissement de la concurrence du fait de la globalisation de l’économie, à l’accroissement des coûts, les entreprises ont répondu par la productivité. C’est la recherche permanente de solution permettant de compenser ce qui a été perdu par ailleurs.

Jusqu’alors les pistes de productivité se sont attaquées principalement aux métiers de l’industrie. Le nombre d’ouvriers a fondu comme neige au soleil sur les dix dernières années. Les nouvelles pistes s’attaquent désormais au secteur tertiaire, aux services et c’est cela qui devient préoccupant !!!

Tenez, que deviendront les secrétaires, les caissières, les agents de voyages, les loueurs de vidéo, les bouquinistes, les comptables etc… quand ils seront progressivement remplacé par des caisses automatiques, des sites Internet, des Megaupload, une comptabilité numérique…

Voyez, le phénomène a déjà commencé. Le nom de ces métiers a déjà muté. Ne fallait-il pas y voir ici un signe prémonitoire ?

Quelle spécialisation pour un agent de service client (ex caissière) qui aura été remplacé par une caisse automatique. Quelle reconversion pour un loueur de vidéo remplacé par Megaupload. Quelle reconversion pour un agent d’entretien (ex-femme de ménage) remplacé par la domotique à outrance ?

Amusez-vous à imaginer l’avenir de ces métiers. Il en restera probablement encore des caissières, des femmes de ménage, des secrétaires mais tous les laissés pour compte que vont-ils (elles) devenir ?

L’ouvrier remplacé par la machine devenait un technicien de haute voltige seul capable de dompter sa machine-outil. Croyez-vous qu’il en soit de même pour ces hôtesses de caisse, souvent âgées et peu au fait de l’informatique…

Pour autant, doit-on pleurer sur ces métiers disparus ? Ce changement ne doit-il pas être ressenti comme une opportunité, celle d’évoluer socialement, de s’enrichir personnellement et professionnellement ? Encore faut-il vouloir saisir cette opportunité.

Comme au temps des mutations de l’industrie, le tertiaire va devoir accepter cette mutation où alors beaucoup resteront sur le carreau…

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 13:57

economie-solidaire1.jpg

« On devrait, pour premier problème d’économie politique, s’intéresser à transformer tous les salariés en propriétaires co-intéressés » Charles Fourier (1772-1837)

Le mouvement coopératif

Bien qu’il y ait eu des expériences coopératives depuis les premiers siècles, il est admis de considérer la naissance du mouvement coopératif en 1844.

Ce mouvement naît à Rochdale, sur la route de Manchester, quand 28 ouvriers tisserand créent « la société des équitables pionniers de Rochdale ».

Les ouvriers ainsi regroupés se proposaient d’améliorer la condition pécuniaire, sociale et familiale de ses membres. Pour cela, ils constituèrent ensemble un capital suffisant divisé en part d’1 livre avec pour objectif de réaliser les projets suivants :

-          Ouvrir un magasin pour la vente de denrées alimentaires,

-          Construire ou acheter des maisons pour améliorer les conditions de vie des membres,

-          Faire fabriquer des produits par les membres sans travail ou subissant des pertes de salaire

-          Etc...

Le mouvement naît sur la base de l’entraide et en réponse à un capitalisme sauvage. Suite à cette première expérience d’autres suivront.

En 2011, la France compte 21 000 coopératives représentant plus d’1 million de salarié.

Les principes directeurs de la coopérative

La coopération place l’Homme au cœur du système et non le Capital. Elle ne réfute pas celui-ci mais le considère comme un outil utile au développement de l’Homme plutôt qu’une finalité.

Quelques soit sa forme, la coopération est régie selon 5 principes directeurs :

-          La libre adhésion, nul n’est contraint d’entrer dans la coopération et chacun est libre d’en sortir.

Les membres apportent leur savoir-faire professionnel pour la réussite d’un projet commun.

 

-          Le contrôle démocratique, quel que soit la répartition du capital, chaque membre possède un droit de vote identique sous le principe de « un homme, une voix »,

 

-          Distribution des excédents au prorata des opérations.

Pour assurer sa pérennité, la coopération s’assure à dégager un bénéfice. Celui-ci est réparti de façon équitable entre :

ü  La Réserve, propriété exclusive de la coopérative, elle est impartageable. Elle sert de caution dans le cadre du développement futur des activités de la coopérative,

ü  Les dividendes, correspondent à une rémunération minimale des risques pris par les membres,

ü  La part Travail, répartie entre tous les salariés et comprise entre 25% et 84% du résultat.

 

-          Transmission du patrimoine, les réserves constituent le patrimoine des coopératives. Elles garantissent son indépendance et sa pérennité. Elles sont transmissent aux générations futures,

 

-          La solidarité des membres.

Les SCOP – Société Coopérative et Participative

Il existe différente forme de coopération. On retrouve les coopératives d’usagers, bancaires, d’entreprise ou participative.

La coopérative d’entreprise est un groupement d’entrepreneurs à l’instar des coopératives agricoles, d’artisans de transporteurs.

La coopérative d’usagers, les membres sont les utilisateurs des biens qu’ils produisent.

La coopérative bancaire, les associés sont les clients, déposants, emprunteurs.

La coopérative participative est la seule coopération dont les membres associés sont salariés et majoritaires au capital.

On compte en 2011, 1 910 SCOP employant environ 44 000 salariés dont 22 000 salariés associés pour un chiffre d’affaires global de 3,7 milliards d’Euros.

C’est une forme d’entreprendre dynamique et en plein essor. Elle est souvent proposée quand une entreprise traversant des difficultés est liquidée.

Une réponse aux travers du capitalisme

Le propriétaire de l’entreprise est le salarié. Il a souvent placé tout ou partie de son patrimoine dans cette aventure.

En tant que propriétaire et salarié, il est doublement intéressé à la pérennité et à la continuation de l’activité.

Son travail a un impact direct sur son capital. Il assume collectivement les succès et les échecs.

Les SCOP sont des entreprises pérennes du fait principalement de l’implication des co-entrepreneurs salariés dans leur entreprise. Ainsi, le taux de pérennité à 3 ans des SCOP est égal à 71 % contre 66 % pour l’ensemble des entreprises françaises (source Insee). A long terme, les SCOP sont plus solides que les entreprises non coopératives, 3,1 % des Scop ont plus de 50 ans contre 1,8 % de l’ensemble des entreprises françaises (Source Diane).

Dans un monde en crise, il est une réponse idéale à la continuation d’activité.

Cependant, les SCOP éprouvent encore des difficultés à lever des fonds et pourtant leur mode de gestion, les réserves impartageables etc… devraient être un gage de garantie pour les banques.

Quelques liens utiles

http://www.alternatives-economiques.fr

http://www.les-scop.coop/sites/fr/

http://www.economie-sociale.coop/index-economie-sociale/cooperative-histoire.htm

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 13:54

imagesCAAQUQY1.jpgLe 27 juin 2012, le cours de l’action Danone plongeait de 8% en moins de 30 minutes. Cette chute brutale faisait suite à un profit warning annonçant une dégradation de la marge du groupe de 50 basis point, soit une perte de résultat d’environ 85 m€.

C’est une somme, mais, malgré cela, le Groupe restait plus que bénéficiaire et largement rentable.  

Lors d’une conférence de presse, le CFO de Danone expliquait que la dégradation de la marge était fortement liée à la situation préoccupante en Europe du Sud. La crise, en devenant le coupable idéal, venait de faire reculer de presque 10% l’épargne des salariés du Groupe.

Les actionnaires, voyant fondre l’espérance d’un rendement confortable, remerciaient, en un clic, le travail acharné des quelques milliers de salariés pour ne pas avoir su « gérer » la crise.

Quelle injustice !!! En plus de la perte d’une part conséquente de son patrimoine, celui-ci devenait pour partie responsable d’un événement auquel il n’a probablement rien compris.

A quoi sert cet obscur compagnon de voyage ?

Pour se financer, une entreprise peut :

-        Utiliser la trésorerie générée par l’activité. On appelle cela l’autofinancement ;

-         Emprunter auprès d’une banque ou du marché via des obligations, le montant nécessaire à son projet.

Elle paiera en contrepartie un intérêt équivalent au coût de l’argent immobilisé par le prêteur plus une prime de risque.

Cet argent, prêté sur contrat, ne donnant aucun droit de propriété au prêteur ;

-          Emettre des titres de capital souscrits par les actionnaires.

En acquérant des titres, l’actionnaire devient propriétaire de l’entreprise à hauteur de sa participation.

En contrepartie du capital investit, il attend un rendement au moins égal au coût de son immobilisation.

Le rendement attendu est versé sous forme de dividendes prélevés sur les résultats de l’entreprise.

 

Qui se cache derrière l’actionnaire ?

Un jeune branleur rivé derrière un écran, un retraité attendant avec impatience l’AG pour se gaver de petits fours, un machiavélique homme d’affaires….

Ils sont un peu tout cela à la fois, mais une grande partie d’entre eux sont des financiers.

Son job consiste à maximiser les fonds dont il a la charge. C’est son gagne-pain.

De l’atteinte de cet objectif dépend sa rémunération et son bonus de fin d’année. Son échéance est à très court terme, 12 mois au plus.

Tout au long de l’année, il optimise au mieux la gestion de son portefeuille passant d’une action à l’autre à la recherche de la meilleure performance. Sa vision, ses objectifs s’opposent à la vie de l’entreprise.

Inconsciemment (ou pas), il pressurise les entreprises pour obtenir d’elles toujours plus de rendements attractifs. Faute de cela, il vend l’action et le cours baisse…

Tous les directeurs financiers des entreprises cotées doivent gérer au mieux cette ambigüité.

Comment maintenir un niveau de marge raisonnable malgré des événements exogènes pour éviter la sanction des marchés tout en poursuivant l’expansion de l’entreprise ? Un vrai casse-tête !!!

Que se passe-t-il si le cours de l’action chute ?

On parle alors d’actif toxique, de société pourrie, etc… mais d’un point de vue comptable et financier, il ne se passe rien. La société aura toujours le même capital et toujours la même valeur.

Si l’on prend le cas de Danone, la perte de 10% du cours de bourse n’engendre pas une perte de 10% de la valeur des marques que le Groupe possède.

Dans ce cas, si cela n’a aucun impact, à quoi bon s’en préoccuper !!!

Et pourtant, il n’y a pas un DAF qui ne soit pas attentif au cours de bourse. De celui-ci dépend sa capacité à lever des fonds pour un projet futur.

C’est une caution quant à la fiabilité de l’entreprise.

In fine, si le cours chute, seul les malheureux n’ayant pas eu le temps de vendre souffriront. En dehors de cela, il ne se passe rien.

Ces malheureux sont souvent les moins informés, les petits porteurs.

Mais, il y a aussi les salariés. Pour eux,  l’argent épargnée en action est bloquée pendant au moins 5 ans. Ils doivent subir les yoyos infligés à leur épargne. Un jour ils achètent des châteaux en Espagne et le lendemain ils se retrouvent à la rue.

Vu sous cet angle, il est plus facile de comprendre leur amertume.

Et pourtant, Il existe des réponses à ce travers du capitalisme de marché.

La détention du capital par un groupe restreint d’individus dont l’objectif ne serait pas une maximisation à court terme mais la création, la constitution et la transmission d’un patrimoine à long terme.

La fin du conflit d’intérêt inhérent au capitalisme de marché est une réponse probable aux travers du capitalisme.

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 10:17

interdire_les_licenciements_boursiers.jpgConcept anti libéral, la campagne lui a permis de faire son retour. Plutôt que d’observer la réalité en face, notre ministre de l’économie, mais avant lui les différents candidats, a jeté à la face du quidam « les licenciements boursiers ».

En stigmatisant les financiers, il empêchait toute confrontation à la réalité économique. Ces S… de financiers, pour toujours plus de profits, s’enrichissent sur notre dos (au moins sur celui des licenciés). Le malheur des uns (salariés) faisant le bonheur des autres (actionnaires).

Un licenciement boursier est un licenciement collectif. Il a pour effet un impact immédiat sur le cours de bourse. C’est l’une des nombreuses définitions que l’on peut trouver à ce concept. A mon sens, il est surtout en opposition au licenciement économique.

Au regard du droit, le licenciement économique est justifié dès lors que l’entreprise se retrouve en situation de liquidation. En opposition, le licenciement boursier intervient alors que l’entreprise est toujours rentable ou lui permet d’augmenter sa rentabilité.

Plus précisément, il a fait son apparition en 1999 après que Michelin ait vu son cours de bourse grimper suite à l’annonce simultanée, d’une hausse de son bénéfice semestriel (+20%) et de la suppression de 7 500 emplois.

La corrélation entre la hausse du cours de l’action et la suppression des emplois n’a jamais été prouvée. Toujours est-il que ce licenciement a été qualifié de boursier et le mal était fait.

Par opposition, un licenciement qualifié d’économique a souvent un impact négatif sur le cours de bourse. Il laisse présager d’une moins bonne santé de l’entreprise.

Dans le monde qui est le nôtre, les actionnaires (ou du moins les bailleurs de fond des entreprises) attendent un retour sur investissement au moins égal au risque pris en finançant l’entreprise. Cette logique, pousse les entreprises (quottée ou non), à assurer un niveau minimum de rentabilité. On parle alors de « rentabilité exigée ».

A la « rentabilité exigée » se heurte l’environnement concurrentiel. L’entreprise, quottée ou non, est soumise à plusieurs contraintes, à commencer par la pression des consommateurs. Pour exister,
celle-ci doit être en mesure de lui proposer un produit ayant toujours un temps d’avance sur son concurrent. Cette avance se caractérisant, soit par l’innovation, soit par le prix, soit par la qualité de ses produits. Le consommateur est encore plus implacable que le financier. Un prix trop élevé, un retard technologique, une image de marque dégradée, il fera sans frémir son deuil de produits au profit d’autres.

Combien sommes-nous à avoir eu des Nokia pour jouer au serpent faisant les heures de Gloire de cette compagnie. Mais combien sommes-nous également à avoir abandonné l’entreprise (et ses salariés) au profit de la Pomme. Ce jour-là, quand vous avez jeté votre vieux Nokia au profit d’un Iphone, avez-vous pensé aux salariés licenciés, à l’écosystème Nokia mis à mal…

Les exemples sont légions. Prenons plus récemment le cas de Free. Qui se préoccupe des restructurations en cours chez SFR alors même que Vivendi, son propriétaire, fait des profits ?

Cette logique implacable amène l’entreprise à faire des choix de gestion qui peuvent s’avérer être en défaveur du salarié alors même que celle-ci est bénéficiaire. En effet, une entreprise pourra chercher une plus grande compétitivité pour vendre ses produits à des prix identiques à ses concurrents. Pour cela, elle sera amenée à investir dans des machines plus performantes nécessitant une moins grande moins d’œuvre. Je n’ai pas parlé ici de délocalisation, rien que l’avancée technologique de son outil de production aura un effet néfaste sur sa population salarié.

Il en résultera un licenciement dit boursier. A court terme, une moindre masse salariale aura une conséquence positive sur la rentabilité de l’entreprise et sur son cours de bourse. On serait tenté d’y voir un lien de cause à effet.

Cependant, ce qui fera la pérennité du cours de bourse, ce n’est pas la moindre masse salariale mais la capacité de l’entreprise à continuer d’exister dans son marché. Sa capacité à innover, à conquérir des parts de marché…

Prenons l’exemple d’un marché qui s’éteint (les cassettes audio, l’argentique, les tubes cathodiques…). Tous ces fabricants, bien que rentables sur leurs autres activités, ont dû licencier massivement. Comment qualifier ses licenciements collectifs ? Fallait-il que l’entreprise conserve une masse de population à ne rien faire ? Fallait-il que les consommateurs refusent le progrès technique ?

Autre exemple, beaucoup d’entre nous ont des plans d’épargne entreprise. Ce plan est souvent une partie de nos revenus. Par ce biais, nous devenons actionnaires de nos entreprises. Que se
passe-t-il quand le cours de l’action baisse ? Notre épargne souffre, acceptons nous cela ?

J’ai précisé au début qu’une entreprise non quottée pouvait être également confronté au licenciement alors même qu’elle génère des profits. Prenons le cas de Leclerc qui face à un changement dans notre mode d’approvisionnement doit fermer des Hypers. Leclerc n’est pas à plaindre, elle n’est pas non plus sous le joug du spéculateur. Mais Leclerc ferme pour répondre à des souhaits de consommateurs opportunistes.

Au vu des différents exemples, l’on voit bien que la stigmatisation du financier et la qualification des licenciements en licenciement boursiers est une gageure, un thème de campagne populiste. Il faudrait être parfaitement naïf pour croire un seul instant que l’Etat est en mesure de les interdire. D’ailleurs existent-ils ces licenciements dits boursiers ?

Bien sûr qu’une certaine moralisation des financiers est nécessaire mais l’on ne peut pas limiter la vie d’une entreprise à ses seuls actionnaires. L’affaire Michelin de 1999 avait été in-fine plus profitable aux salariés qu’aux actionnaires. Le cours de l’action sur 5 ans n’a progressé que de 8% quand le salaire a lui progressé de 12%.

Il y a d’autres pistes que nous pourrions envisager. Peut-être notre mode de consommation devrait lui aussi être revu ? Peut-être devrions-nous favoriser des consommations plus éthiques ? Sinon, il y a fort à parier pour une longue vie des licenciements tout court.

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