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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 16:30

muhammad-yunus-microfinance-grameen-bank-social-business.jpgLe social-business n’est pas une activité philanthropique et charitable mais bien une entreprise dont l’objectif premier est la maximisation d’un objectif sociétal. Né au 20ème siècle, le concept est en fait assez ancien.

Les SCOP, ou coopérative ouvrière, par exemple, nées au 18ème siècle, en sont probablement l’une des formes les plus anciennes. Elles consistent à mettre en commun des moyens pour détenir l’outil de production et améliorer les conditions de vie de la communauté. Les tontines, au 15ème siècle, ou encore celles ayant toujours cours en Afrique, dont l’objet consiste à la mise en commun, sans usure, d’argent pour permettre à un membre de la communauté d’acquérir un actif, sont une autre des formes du social-business.

Depuis 1977 et l’apparition du micro-crédit, cette notion s’est affinée et le social-business intervient alors comme une réponse évidente au capitalisme sauvage et débridé. Tout du moins, c’est ce qu’en pense le prof d’économie du Bangladesh, Muhamad Yunus, quand, écœuré du décalage entre la théorie économique et la « vraie » vie, il décide de se lancer dans la première institution privée de micro-crédit, la Grameen Bank. Son objectif, sortir les gens de la pauvreté en leur prêtant une petite somme d’argent à un taux d’usure faible pour financer leur micro-entreprise. La notion de social-business est née !!! L’objectif est alors de créer un business répondant à un but social tout en étant auto-suffisant. C’est l’inverse d’une activité caritative.

L’expérience s’avéra concluante et depuis, les initiatives ont fleuri. En 2000, 193 états membres de l’ONU et 23 organisations internationales s’accordent pour atteindre 8 objectifs afin de réduire la pauvreté dans le monde d’ici 2015. (http://www.un.org/fr/millenniumgoals/)

Les OMDs (Objectif du Millénaire pour le Développement) vont devenir un accélérateur du social business. En effet, la seule implication des états (occidentaux ou en développement) ne suffira pas à atteindre les 8 objectifs. Pour y arriver, il faut construire des partenariats public / privé, les uns apportant leur science du business et les autres leur connaissance des communautés locales et de leurs besoins.

Par ailleurs, pour que ce challenge réussisse, il faut en finir avec l’assistanat, la subvention à outrance ne faisant que maintenir une population dans un état léthargique, toujours à attendre plus des grands bailleurs de fonds. Sortir le monde de la pauvreté, c’est donner aux populations concernées les moyens d’une existence meilleure et durable.

Les OMDs vont apporter la caution morale nécessaire aux grandes entreprises. Elles vont justifier et favoriser l’invasion par celles-ci du social-business. Elles aussi ont à y gagner !

Pour elles, sortir le monde de la pauvreté, c’est accroître la base des consommateurs potentiels. Or, dans un monde mature en souffrance, dans des pays émergents où la pyramide reste encore trop exiguë, les relais de croissance via la base de la pyramide deviennent les opportunités d’une croissance pérenne.

Pour autant, comment conquérir la base, une population à faibles revenus (les pauvres c’est quand même 4 milliards de personnes), sans passer pour le méchant capitaliste ?

Les OMDs vont être le catalyseur permettant la rencontre de deux mondes partageant des intérêts divergents et en même temps très connectés. C’est la naissance de Danone Communities en 2005, ou encore la création des MDC (micro distribution center) en 2008 avec Coca-Cola, ou le projet logement abordable de Lafarge. Les exemples sont nombreux :

http://www.danonecommunities.com/content/danonecommunities-quest-ce-que-cest

http://www.businesscalltoaction.org/wpcontent/files_mf/1286826983CocaColaCaseStudyFrancaisForWeb.pdf

http://www.lafarge.fr/wps/portal/2_7_1-Ambitions-2020-Acces-logement#editoEncartVide001

Les plus révoltés d’entre nous crieront au scandale ! Le social-business, c’est, en fait, la mainmise du capitaliste sans morale sur les plus faibles. Est-ce louable, sous couvert d’action social, de chercher simplement de nouvelles opportunités de croissance ?, de créer des besoins dans des populations en difficultés ? etc…

Oui, c’est louable ! En vendant des yaourts au Bangladesh, Danone Communities élargit la base de ses consommateurs potentiels mais en même temps, elle répond à des besoins de nutritions des populations locales, elle fournit un travail et des revenus à une population jusque-là oubliée, elle accroît le niveau de vie de la communauté locale etc…

En créant des centres de micro distribution, Coca-cola élargit effectivement sa distribution numérique (c’est-à-dire le nombre de points de ventes touchés) lui permettant d’augmenter son chiffre d’affaires mais elle fournit un travail pour le micro-entrepreneur, elle « empower » des jobs annexes, comme le garagiste, par exemple, pour la maintenance du matériel, etc…

Quelles que soit les initiatives lancées entre partenaires sociaux et privés, elles répondent toujours aux mêmes objectifs. Il ne s’agit pas de maximiser le profit mais bien de maximiser l’objet social, la seule source possible d’une croissance pérenne. Et si finalement, la vraie réussite des OMDs était d’avoir fait se rencontrer des acteurs aux objectifs différents et de les aider à se comprendre ?

Et si finalement, le social-business était la maturité du capitalisme. La rencontre parfaite entre l’économie et le social, deux mondes opposés et pourtant si proches. L’un n’allant pas sans l’autre. Il n’y a pas de développement sans capitaux et pas de croissance sans développement.

Mais est-ce bien le rôle des entreprises que de participer activement au développement ou de remplacer, dans certains cas, les gouvernements démissionnaires ?

« Tout le monde espère gagner de l'argent en faisant des affaires. Mais l'homme peut réaliser tellement d'autres choses en faisant des affaires. Pourquoi ne pourrait-on pas se donner des objectifs sociaux, écologiques, humanistes ? C'est ce que nous avons fait. Le problème central du capitalisme “unidimensionnel” est qu'il ne laisse place qu'à une seule manière de faire : rentrer des profits immédiats. Pourquoi n'intègre-t-on pas la dimension sociale dans la théorie économique ? Pourquoi ne pas construire des entreprises ayant pour objectif de payer décemment leurs salariés et d'améliorer la situation sociale plutôt que chercher à ce que dirigeants et actionnaires réalisent des bénéfices ? » Muhamad Yunus (le Monde 25.04.2008) 

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un gars normal - dans Economie
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Vanessa 24/05/2015 00:04

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