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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 13:54

imagesCAAQUQY1.jpgLe 27 juin 2012, le cours de l’action Danone plongeait de 8% en moins de 30 minutes. Cette chute brutale faisait suite à un profit warning annonçant une dégradation de la marge du groupe de 50 basis point, soit une perte de résultat d’environ 85 m€.

C’est une somme, mais, malgré cela, le Groupe restait plus que bénéficiaire et largement rentable.  

Lors d’une conférence de presse, le CFO de Danone expliquait que la dégradation de la marge était fortement liée à la situation préoccupante en Europe du Sud. La crise, en devenant le coupable idéal, venait de faire reculer de presque 10% l’épargne des salariés du Groupe.

Les actionnaires, voyant fondre l’espérance d’un rendement confortable, remerciaient, en un clic, le travail acharné des quelques milliers de salariés pour ne pas avoir su « gérer » la crise.

Quelle injustice !!! En plus de la perte d’une part conséquente de son patrimoine, celui-ci devenait pour partie responsable d’un événement auquel il n’a probablement rien compris.

A quoi sert cet obscur compagnon de voyage ?

Pour se financer, une entreprise peut :

-        Utiliser la trésorerie générée par l’activité. On appelle cela l’autofinancement ;

-         Emprunter auprès d’une banque ou du marché via des obligations, le montant nécessaire à son projet.

Elle paiera en contrepartie un intérêt équivalent au coût de l’argent immobilisé par le prêteur plus une prime de risque.

Cet argent, prêté sur contrat, ne donnant aucun droit de propriété au prêteur ;

-          Emettre des titres de capital souscrits par les actionnaires.

En acquérant des titres, l’actionnaire devient propriétaire de l’entreprise à hauteur de sa participation.

En contrepartie du capital investit, il attend un rendement au moins égal au coût de son immobilisation.

Le rendement attendu est versé sous forme de dividendes prélevés sur les résultats de l’entreprise.

 

Qui se cache derrière l’actionnaire ?

Un jeune branleur rivé derrière un écran, un retraité attendant avec impatience l’AG pour se gaver de petits fours, un machiavélique homme d’affaires….

Ils sont un peu tout cela à la fois, mais une grande partie d’entre eux sont des financiers.

Son job consiste à maximiser les fonds dont il a la charge. C’est son gagne-pain.

De l’atteinte de cet objectif dépend sa rémunération et son bonus de fin d’année. Son échéance est à très court terme, 12 mois au plus.

Tout au long de l’année, il optimise au mieux la gestion de son portefeuille passant d’une action à l’autre à la recherche de la meilleure performance. Sa vision, ses objectifs s’opposent à la vie de l’entreprise.

Inconsciemment (ou pas), il pressurise les entreprises pour obtenir d’elles toujours plus de rendements attractifs. Faute de cela, il vend l’action et le cours baisse…

Tous les directeurs financiers des entreprises cotées doivent gérer au mieux cette ambigüité.

Comment maintenir un niveau de marge raisonnable malgré des événements exogènes pour éviter la sanction des marchés tout en poursuivant l’expansion de l’entreprise ? Un vrai casse-tête !!!

Que se passe-t-il si le cours de l’action chute ?

On parle alors d’actif toxique, de société pourrie, etc… mais d’un point de vue comptable et financier, il ne se passe rien. La société aura toujours le même capital et toujours la même valeur.

Si l’on prend le cas de Danone, la perte de 10% du cours de bourse n’engendre pas une perte de 10% de la valeur des marques que le Groupe possède.

Dans ce cas, si cela n’a aucun impact, à quoi bon s’en préoccuper !!!

Et pourtant, il n’y a pas un DAF qui ne soit pas attentif au cours de bourse. De celui-ci dépend sa capacité à lever des fonds pour un projet futur.

C’est une caution quant à la fiabilité de l’entreprise.

In fine, si le cours chute, seul les malheureux n’ayant pas eu le temps de vendre souffriront. En dehors de cela, il ne se passe rien.

Ces malheureux sont souvent les moins informés, les petits porteurs.

Mais, il y a aussi les salariés. Pour eux,  l’argent épargnée en action est bloquée pendant au moins 5 ans. Ils doivent subir les yoyos infligés à leur épargne. Un jour ils achètent des châteaux en Espagne et le lendemain ils se retrouvent à la rue.

Vu sous cet angle, il est plus facile de comprendre leur amertume.

Et pourtant, Il existe des réponses à ce travers du capitalisme de marché.

La détention du capital par un groupe restreint d’individus dont l’objectif ne serait pas une maximisation à court terme mais la création, la constitution et la transmission d’un patrimoine à long terme.

La fin du conflit d’intérêt inhérent au capitalisme de marché est une réponse probable aux travers du capitalisme.

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