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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 09:58

salaireIl est très en vogue, c’est dernier temps, d’incriminer le coût du travail comme l'un des premiers responsable de nos « malheurs ». 

Pour nous sortir de l’ornière, nous sommes nombreux à croire en notre salut par une réduction drastique du coût du travail.

Celui-ci, pense certain, pèse fortement sur la compétitivité de nos entreprises. Ainsi, en le réduisant, nous retrouverions notre rang.

Le coût du travail comme frein à la compétitivité, c'est de cela qu'il est question !!! 

Ces mêmes illuminés arguent que l’avantage compétitif de nos concurrents est le bas salaire. Si nous faisions une matrice de Porter serait-ce là l’unique argument valable ?

Limiter la compétitivité au coût du travail est une vision bien réduite de ce qu'elle est vraiment. Les défenseurs du bas salaire citent souvent l'Allemagne en exemple.

Or celle-ci a un niveau des coûts salariaux identiques à celui de la France et pourtant leurs entreprises sont très compétitives. En témoigne, l'état de la balance commerciale Allemande.

Par conséquent, la faiblesse de notre compétitivité ne doit pas être recherchée uniquement dans les éléments de coûts, il faut élargir le champ.

A ces mêmes coûts, ne pourrions-nous pas y opposer la qualité de nos produits, l’impact environnemental de nos industries et le rôle social de celles-ci ?    

Cette solution radicale m’interpelle souvent. Croyons-nous sincèrement qu’une réduction du coût du travail, nous permettra de sortir de notre marasme économique ?

Et d’ailleurs, de combien ce coût devrait baisser pour être vraiment efficace ?

Je ne contredits pas le fait que le coût du travail soit élevé. Par contre, le baisser est une vue à court terme comme solution à nos problèmes. Il me semble que c’est une révision globale de notre système qui est nécessaire.

A notre échelle, déjà, nous pourrions commencer par un comportement plus éthique dans nos actes d’achat.

J’ai pour habitude de rejeter la faute sur le consommateur. Dans le cas précis du coût du travail, c’est encore lui le principal responsable. Le fait d’acheter, ailleurs, des produits à moindre coût ne favorise pas nos entreprises françaises.

Un coût de main d’œuvre moins chère, un coût de transport insuffisamment élevé, des barrières douanières quasi inexistantes, c’est la combinaison de ces facteurs qui lui permettent d’acquérir à peu près tout type de biens manufacturés à des prix défiants toute concurrence par rapport à ceux produits sur son marché domestique.

Aurait-il tort de s’en priver ? Dans son acte d’achat, a-t-il un seul instant une pensée pour les personnes produisant « à moindre coût » son plaisir ?

Oui, le consommateur est responsable et la mondialisation n’a fait que répondre à ses attentes.

En acceptant une baisse du coût du travail, nous favorisons un nivellement vers le bas. Cela reviendrait à nous mettre au niveau de nos concurrents. Est-ce vraiment cela que nous voulons ? Il y a toujours plus bas que nous. Jusqu’à quel niveau devrions-nous baisser le coût du travail ?

Nos entreprises sont soumises à nombre de règles visant à protéger leur écosystème (nature, humain, etc…) et cela pour tenir compte des revendications de l'opinion publique (à savoir nous les consommateurs). Celles-ci ont un coût pour l’entreprise et viennent, en partie, diminuer notre compétitivité.

Notre acte d’achat doit tenir compte de cela. C'est un formidable avantage concurrentiel que nous devons exploiter et revendiquer face à des pays émergents moins soucieux.

Est-il préférable de favoriser une entreprise qui tient compte de ses rejets dans l’atmosphère plutôt qu’une autre n’ayant peu voir aucune règle ?

C’est à nous de protéger nos entreprises par nos actes d’achat. Si le dogme libéral refuse le protectionnisme d’état, il ne peut rien contre celui du consommateur.

Nous sommes libres de choisir ce que nous achetons. Pour éviter le nivellement par le bas de notre système, nous devons nous tourner vers une consommation éthique.

Ce n’est bien sûr pas la seule réponse à la perte de compétitivité de nos entreprises mais c’est un engagement individuel pour le bien commun de la communauté et il est temps de s'y mettre.

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un gars normal - dans Economie
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