Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques d'un Gars Normal
  • : « Le monde n’est pas tel qu’il est mais tel que nous le voulons, soyons le changement que nous voulons pour le monde » Gandhi
  • Contact

Archives

Liens

12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 07:56

 cogestion.jpg

2 proposition : Introduire dans les Conseils d’Administration ou de Surveillance des entreprises de plus de 5 000 salariés, au moins 4 représentants des salariés, sans dépasser le tiers des membres, avec voix délibérative, y compris dans les comités des conseils.

 

 

Inviter les salariés dans les conseils d'administration serait une petite révolution dans la gouvernance des entreprises françaises. Cette proposition s'inspire du modèle allemand du Mitbestimmung, traduit par cogestion ou codétermination et mis en place Outre-Rhin depuis de nombreuses années (1952 – premières initiatives de cogestion).

 

Le principe général de la codétermination est de permettre aux salariés de prendre part aux décisions de l’entreprise. Pour cela, ils sont représentés dans les organes de direction à partir de 2 000 salariés et ils  interviennent principalement dès qu’une décision implique des conséquences tangibles pour les salariés et leurs conditions de travail.

 

Les Allemands ne sont pas seuls dans la cogestion, 18 autres pays européens ont adopté des systèmes de gouvernance proches. Ils répondent aux travers du système de gouvernance anglo-saxon centré principalement sur l’actionnaire.

 

Ils permettent aux salariés de s’impliquer davantage dans la mission de l’entreprise et aux actionnaires d’en comprendre plus encore le rôle social de celles-ci.

 

Dans la crise de 2008, les entreprises allemandes ont su s’adapter à la demande et moduler de façon significative leur temps de travail. Elles ont, de ce fait, éviter de licencier et de dégrader le pouvoir d’achat des ménages touchés permettant de maintenir un niveau minimum de croissance.

Lors de la reprise, elles étaient déjà prêtes et pleinement opérationnelles. Ce maintien de l’emploi et du pouvoir d’achat n’a été rendu possible que par l’étroite collaboration entre les actionnaires, les dirigeants et les salariés. Adapter le temps de travail et le salaire à un ralentissement de l’activité et inversement n’a encore jamais été vu en France.

 

Bien sûr, ce système n’a pas que des avantages. Il alourdit la prise de décision en faisant cohabiter deux intervenants aux objectifs finaux différents. Pour éviter une situation de blocage, le président du conseil est toujours un représentant des actionnaires ayant dernier mot, et les salariés représentent de 1/3 à 50% des membres du conseil.

 

Par ailleurs, il lui a été reproché d’être un frein aux investissements étrangers. La peur de s’empêtrer dans un système compliqué où le salarié peut avoir autant de pouvoir que le possédant. Cependant le dynamisme de l’économie allemande semble nous prouver le contraire.

 

Si la France venait à adopter ce mode de gouvernance, cela viendrait renforcer le pacte social européen, mais pourquoi le vouloir pour nous ? Nous avons déjà un bon nombre d’instances représentatives des salariés.

 

Le vouloir pour la France, c’est implicitement reconnaître que les organes de représentation des salariés sont inefficaces ou tout au moins incomplet face à un mode de gouvernance anglo-saxon ultra puissant.

 

En effet, selon la taille de l’entreprise, les salariés peuvent être représentés par au moins 3 instances différentes, le délégué du personnel, le comité d’entreprise et la section syndicale, aux rôles plus ou moins clairs.

 

Pour les résumer, ils ont un rôle de consultation, de négociation et de réclamation. A chaque instance revient l’une de ces responsabilités. Ils leur manquent néanmoins le droit d’intervenir dans la prise de décision alors qu’ils sont tout autant responsables et parties prenantes de la vie et du projet de l’entreprise.

 

Le vouloir pour la France et pour nos entreprises demandera un changement significatif de nos modes de fonctionnement et de pensées tant du point de vue des dirigeants et actionnaires que des salariés.

 

Le gouvernement, dans sa réponse à Monsieur Gallois, reprend cette proposition. D’une mise en œuvre facile, à voir pour autant si cette réponse sera suivie d’effets et si notre gouvernement aura le courage de s’opposer aux puissants lobbying des actionnaires ou au contraire à ne pas céder au chantage des syndicats, représentant seulement 7% des salariés, et voulant toujours plus.

 

 

 

Pour plus d’informations sur la cogestion - http://www.alternatives-economiques.fr/faut-il-s-inspirer-de-la-cogestion-allemande-_fr_art_633_61141.html

 

Pour une analyse du pacte sociale par le Sénat - http://www.senat.fr/rap/r10-227/r10-227.html

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires